Sociologie


Objectif

Ce cours de sociologie générale vise à introduire les élèves à l’analyse scientifique du monde social et s’organise autour d’un fil directeur, l’étude des inégalités. Il a deux objectifs principaux : présenter la recherche contemporaine en sociologie (tout en faisant le lien avec les travaux sociologiques « classiques »), et évaluer l’intérêt des méthodes statistiques pour la recherche en sociologie. 

Cet enseignement s’adresse à tous les étudiants intéressés par les phénomènes sociaux, quel que soit leur cursus antérieur. Pour les élèves ayant suivi le cours « Introduction aux sciences sociales » en 1ère année voie maths, ce cours constitue un prolongement car il approfondit l’analyse de la stratification sociale. Pour les anciens BL, ce cours présente la sociologie sous un angle différent de ce qu’ils ont pu connaître en classes préparatoires, car il permet de se familiariser avec la recherche sociologique contemporaine, en France et à l’international, par le biais de la lecture d’articles de recherche. Néanmoins, ce cours ne nécessite aucun pré-requis, et il s’adresse également aux étudiants qui n’ont jamais fait de sociologie et souhaitent mieux connaître et comprendre les grandes évolutions sociales. 

Le cours s’articule autour de trois modules. Le premier module traite des dynamiques de la stratification sociale. Il s’agit de voir comment le degré d’ouverture des sociétés évolue, à travers l’étude du lien entre position sociale des parents et des enfants, ainsi que l’analyse de la proximité sociale des conjoints. On montrera notamment comment le constat d’une stabilité de l'inégalité des chances sociales a pu être remis en cause par l’usage de modèles statistiques plus sophistiqués que ceux utilisés jusqu’alors, qui ont révélé une réduction de l'inégalité des chances sociales.
Le deuxième module illustre l’évolution de la différenciation sociale des comportements, pratiques et styles de vie, en s’intéressant à trois domaines : l’usage du temps, la sociabilité et les réseaux sociaux, et la santé. On étudiera l’articulation des inégalités sociales, de genre et entre générations.
Enfin, un dernier module étudie les rapports de la sociologie avec d’autres sciences, en comparant en particulier les approches sociologique et économique. On verra également que la sociologie peut dialoguer avec les sciences « dures », en montrant comment deux disciplines aussi différentes que la sociologie et la génétique peuvent être combinées pour améliorer notre connaissance de certains phénomènes sociaux.

Chaque séance s’appuie sur la lecture critique d’un article. On s’attachera à replacer cet article au sein de sa tradition de recherche, ce qui permettra d’illustrer les développements des théories et méthodes en sociologie.

Principaux acquis de la formation :

À l’issue de ce cours, les étudiants auront développé leur sens critique à l’égard de l’analyse des phénomènes sociaux et auront une meilleure connaissance de la recherche contemporaine en sociologie.
 

Mode d'évaluation: examen écrit (100%).

Plan

1.    Introduction : présentation du cours, de ses objectifs, des modalités d’évaluation

Module « Les dynamiques de la structure sociale »
2.    Les évolutions de la société française
3.    Homogamie sociale
4.    Mobilité sociale
5.    Mobilité sociale sur le long terme
6.    Mobilité sociale et justice sociale

Module « Inégalités »
7.    Panorama général des inégalités
8.    Usage du temps
9.    Sociabilité et réseaux sociaux
10.    Santé

Module « La sociologie et ses rapports avec les autres sciences »
11.    La sociologie au sein des sciences sociales
12.    La causalité en sociologie et en économie
13.    Sociologie et génétique

Références

Articles à lire pour chacune des séances. 

  1. Chardon O. (2010), 50 ans de mutations de l’emploi, Insee Première,  n° 1312 et Pison G. (2014), 1914-2014 : un siècle d’évolution de la pyramide des âges en France, Populations et Sociétés, n°509.
  2. Vanderschelden M. (2006), Homogamie socioprofessionnelle et ressemblance en termes de niveau d'études : constat et évolution au fil des cohortes d'unions, Économie et statistique, n°398(1).
  3. Vallet L.A. (2014), Mobilité observée et fluidité sociale en France de 1977 à 2003, Idées économiques et sociales, n° 175.
  4. Van Leeuwen M.H., Maas I., Rébaudo D. et Pélissier J.P. (2016), Social Mobility in France 1720–1986: Effects of Wars, Revolution and Economic Change, Journal of Social History, 49(3), 585-616.
  5. Swift A. (2004), Would perfect mobility be perfect?, European Sociological Review, 20(1), 1-11.
  6. Neckerman K.M. et Torche F. (2007), Inequality: Causes and consequences, Annual Review of Sociology, 33, 335-357.
  7. Sevilla A., Gimenez-Nadal J.I. et Gershuny, J. (2012), Leisure inequality in the United States: 1965–2003, Demography, 49(3), 939-964.
  8. Héran F. (1988), La sociabilité, une pratique culturelle, Economie et statistique, n° 216.
  9. Marmot M. (2005), Social determinants of health inequalities, The Lancet, 365(9464), 1099-1104.
  10. Dubet F. (2005), Sociologie : quelles évolutions ? Les places de la sociologie dans les sciences sociales, Cahiers français, n° 326.
  11. Goldthorpe J.H. (2001), Causation, statistics, and sociology, European Sociological Review, 17(1), 1-20.
  12. Martin M.A. (2008), The intergenerational correlation in weight: how genetic resemblance reveals the social role of families, American journal of sociology, 114(S1).